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A.- TA CHANSON c’est ma vie !

(Journée pédagogique : 27 novembre 1980)

  Certains l’aiment « show »… Certains l’aiment « chaud bise »…

 
 

A.- La chanson est miroir :

         - de nous-mêmes,

          - de la société,

          - de la vie.

 

La chanson peut être proposée comme :

          - moment de détente,

          - de distraction,

          - d’évasion.

 

C’est un moyen exceptionnel de culture populaire.

 

Quand un auditoire est « imperméable » nous devons :

         -  le conquérir,

         - le convaincre,

         - l’apprivoiser.

Sans l’émotion du public la chanson n’existe pas.

Comme la photo n’est rien sans celui qui la regarde.

Rejoindre ceux qu’il (éducateur) doit ouvrir à la vie - éveiller.

 ð  tenir compte de la psychologie des âges et des groupes,

 ð  se demander : quel but à atteindre ?

 

 

B.- La chanson : l’écho de soi-même.

          Un moyen de dialoguer sans parler

          Un moyen de découvrir le sentier de la joie… du rêve…

 

 

a.- La poésie est :

      - une façon de voir la vie,
       - une manière de vivre.

       Tout est question d’affinité.

                              De vibration au même diapason.

 

Chanter est ma façon de m’exprimer, de communiquer, d’aimer, de me bagarrer.

Faire partager mon amour du Vrai, du Beau, du Bien

 

 

b.- Musique et textes : l’un ne va pas sans l’autre et à part égale.

       Mac Orlah dit que la musique sur un poème est le véhicule :

          -  du rêve,

          -  de la mélancolie,

          -  de la nostalgie d’une chanson.

                  (Voir Aragon, Jean Ferrat).

 

 

La chanson est désir : capacité d’enfantement.

« Je fais des chansons comme le pommier fait des pommes » Trenet.

 

La chanson se démode, se ride, comme toute forme de divertissement.

Une muraille de Chine séparera toujours chanson et poésie : « l’une est à l’ordre du jour l’autre est à la merci de la nuit… »

La chanson parle toujours de celui qui l’écoute….

La chanson est un métier, la poésie une vocation.

« Le poète est squatteur de la rue… »

 

 

Muse : inspiration = mouvement intérieur qui porte à l’action.

Action de faire naître ou de recevoir dans l’âme une sorte d’enthousiasme

de transport…

Comment arrivent des visites surprises… Mystère…

Quand on est un créateur on ne sait pas toujours très bien ce que l’on fait.

C’est émouvant de se dire que des milliers de gens ont en eux un moment

de notre âme.

  

B.- CHANTER "Éveiller" (Tirer du sommeil)

(Journée pédagogique : 1er décembre 1980)

 

Une image… une chanson… une piste… un thème…

« Chanter est une façon de me battre et de croire… » (Rostand)

Elle exprime l’état de révolte de l’âme des jeunes.

Expression fidèle de l’intérieur des jeunes

La musique bruyante comble l’angoisse l’insécurité, le désespoir des jeunes…

Ils y trouvent une compensation à leur misère à l’incompréhension…

Elle est le miroir de la vie.

On découvre leur combat pour l’amour, pour la vie.

Connaître la chanson c’est connaître la valeur des jeunes.

      - Elle est le miroir de la vie.

      - On découvre dans la chanson la course de l’homme vers l’infini, la grandeur,

         le combat pour l’amour…

      - Elle porte à réfléchir sur la valeur de nos vies devant Dieu et l’Amour éveillé.

Les contrastes que l’on retrouve chez Brel, sont en chacun de nous.

La chanson véhicule aussi les angoisses, les pessimismes, la lutte pour vivre,

c’est le reflet de l’époque

« Dis-moi ce que tu chantes, je te dirai qui tu es ».

La chanson, moyen de communiquer

Moyen d’exprimer la faim de justice, de vérité, de fraternité.
     - Elle illustre le Bien et le Mal du monde actuel.

     - Elle amène à réfléchir sur la valeur et la réalité de la vie.

     - Elle propose une philosophie de vie faite d’amitié, de poésie d’engagement.

     - Elle fait découvrir le sens profond de la vie, invite à l’ouverture des autres, (la prise de   

        conscience de mes valeurs personnelles).

     - Elle est un appel au secours lancé à l’Espérance.

 

tudier la chanson c’est exploiter la littérature du jour..."

 

A.- Éveil : de soi-même : J’aime tel chanteur parce que sa musique me plaît.

                                                Ce que je ne sais pas dire, je le chante avec la voix d’un autre.

 

B.- Éveil : « rencontrer les autres » Fraternité aspect social.

                                                                   Liens qui nous unissent aux autres.

 

C.- Éveil : « rencontrer Dieu » « La Lumière jaillira » de Brel. Chanson qui parle de

                                                            libération de Bonheur, basée sur une liberté d’esprit qui

                                                            aide, ose désencombrer.

                                                            Le rythme fait accepter le texte.

 

Il est impossible de donner aux jeunes un sens artistique, sans être soi-même attiré vers le Beau.

Quelles perspectives nouvelles peut ouvrir la chanson au niveau de la vie religieuse ?

La chanson apparaît comme porteuse d’une véritable pâte humaine.

        - peut ennoblir notre vie.

        - peut faire réaliser que la vie chrétienne est une réponse aux aspirations de tout homme

          et nous ouvrir aux besoins de nos frères.

        - aide à découvrir ce que notre monde attend. (Paix - Joie - Amour…)

        - permet de chanter les grandeurs et les beautés de la vie, l’amour, l’amitié…

 

La chanson est éveilleuse d’enthousiasme.

        - permet l’union des esprits et des cœurs,

        - peut nous conduire à une Terre Promise.

 

Conclusion :

Toute chanson n’a pas valeur de « pierre précieuse » mais toutes véhiculent une vision du monde d’aujourd’hui et traduisent l’âme des êtres.

On ne peut nier le besoin de cette influence où plutôt de cette traduction de soi.

 

Il suffit de tourner le bouton de la radio, de faire tourner un C.D. pour pénétrer dans le monde :

      - Les aventures surgissent,

      - Les rêves prennent forme,

      - Les aspirations se libèrent.

 

Le chanteur fait office de prestidigitateur (de psychiatre).

Il offre un château, arrange les conflits, colore les jours ternes…

Alors que nous sommes tendus par l’activité trépidante et mécanique, tiraillés par les sollicitations

du métier, débordés de travail,

ð  chanter permet une thérapeutique de libération.

 

La tâche de l’éducateur consiste à humaniser les émotions, à intégrer, à vivre…

Il faut accepter le rythme comme permettant de ressentir la vie qui est en eux, de l’exprimer corporellement, de l’affirmer face à la société, de s’affirmer.

La chanson fournit des prises de position face aux évènements sociaux, politiques, culturels.

ð  Elle se range alors au côté de la chansonnette.

 

 

 

 

De la chanson à la célébration

 

 

La chanson est célébration, manifestation intérieure, expressive et symbolique par laquelle nous nous rendons plus précisément conscients d’un évènement ou d’une valeur.

Fête : phénomène de communion.

L’homme redécouvre le sacré par d’autres voies que sont :

-  ses aspirations profondes,

-  son respect de l’homme de l’univers.

 

Il y a ouverture au sacré quand au fond de son être, l’homme sent qu’il échappe à tous les concepts,

à tous les systèmes. Qu’il est mystère en relation avec un autre monde l’homme rend perceptible, explicite le sacré au moyen d’un rite, d’un geste symbolique.

Exprimé en groupe en communauté…

Sens de l’émerveillement anniversaire de l’enfant  ð  émerveillement des parents qui se communique

à l’enfant Temps sacré.

Une célébration établit et réalise une communion.

 

 

C.- Chanter

 

 

 

La publicité aussi se chante,

On peut chanter la lessive,

la Caisse d’Épargne, le dentifrice ou le briquet…

Mais c’est pour mieux nous les faire entrer dans la tête !

Chanter des slogans,

c’est encore une manière de les imprimer.

La Foi qu chante voudrait moins imprimer l’homme

que l’exprimer.

 

Chanter, ce n’est pas scander son idéologie en musique,

ce n’est pas faire passer la doctrine sur une mélodie

de table de multiplication :

Le chant n’est pas une propagande !

Le chant n’est pas une ambiance à la mode qui dispenserait du risque de croire !

Les mots et les bruits ne sont pas à la chanson,

le chant n’est pas destiné à tuer le temps pendant le temps d’une célébration…

Au contraire, chanter, c’est célébrer,

c’est dire que le chant est toujours que le chant,

Il se produit.

Né de la communion, il produit la communication :

Le chant naît toujours dans le silence

et fait le peuple qui chante.

Ce n’est pas d’abord la partition qu’il faut regarder,

mais le peuple.

C’est la vraie musique ;

ce sont les yeux qui entendent et non pas les oreilles.

C’est pourquoi tant de musiciens sont aveugles.

C’est que les yeux sont les fenêtres du corps et qu’on ne peut chanter qu’avec tout son corps.

C’est donc toujours l’assemblée qui est le véritable acteur

de chants qu’elle chante.

Non pas la foule…

La foule crie, hurle, scande, braille, vocifère…

Les foules ne chantent pas, seuls les peuples chantent.

Il n’y a de chant que dans un peuple.

Le chant est le signe de la naissance des peuples.

Le chant est peut être le rendez-vous de la dernière chance qu’une Église peut espérer

avec une génération de jeunes.

 

Le chant est en effet souvent le dernier lieu d’Église que des jeunes pratiquent encore.

Bien sûr que ce chant peut être un refuge, un alibi, une évasion ou une fuite en avant.

Bien sûr que l’on peut discuter à longueur de temps

pour savoir si le chant est dans la vie

ou si c’est le vie qui est dans la chant !..

Bien sûr que le chant peut être une magnifique tentative de récupération, une entreprise

idéologique ou une nouvelle manière de faire des bonnes œuvres.

Bien sûr que l’on peut être pour ou contre le chant rythmé

énervé par les guitares

ou inconditionnel du folk, du blues ou de la pop.

Mais quand tout cela aura été dit et

le reste avec, alors je vous promets

qu’il restera toujours le chant comme un lieu, un espace,

comme une épaisseur…

Le chant comme une expérience et comme une histoire,

un lieu de rencontre et un espace de communion

où le chant et le champ s’écrivent de la même façon.

Le chant n’est-il pas le chant de l’Esprit ?

« Je voudrais… » dit l’enfant.

« Je voudrais bien dire quelque chose qui est en moi,

mais je ne sais pas le dire !..

« Si tu ne peux le dire, tu n’as qu’à le chanter !.. » lui répond sa mère.

Derrière cette pirouette se cache un appel :

Ce que la foi des chrétiens n’arrive pas à dire,

qu’elle le chante !..

Alors si elle chante, je vous promets que le mot cesse d’être le prisonnier de sa définition.

Il respire le rythme, il se soulève, s’arrache à son abécédaire, il devient un mot d’ailleurs :

l’Écriture se fait Parole.

Le mot n’est plus mort.

Le mot n’est plus passage au tombeau.

C’est un avenir ouvert, c’est un chant, une fête…

Communion de l’homme.

Le chant est UN CHEMIN DE L’EXPÉRIENCE DE DIEU.

 

Il fallait bien se rendre à l’évidence !..

 

                                                                                                         Jean DEBRUYNNE